Le flirt

Le flirt désigne un vaste ensemble d’échanges amoureux dont le seul point commun est de faire faire l’économie du coït. Ce n’est ni l’apanage de l’adolescence, ni le signe obligatoire d’une inconstance volage.

Une préface

Éviter le coït est une attitude qu’inspire d’habitude une bonne éducation morale. Mais certains couples i jeunes y voient l’occasion de donner plus de sens ! à leurs gestes sexuels, dans l’attente d’accéder de plein ! droit à leur statut conjugal… Le flirt ne doit pas être ainsi confondu avec le « prélude » d’un « vrai » rapport, c’est en soi un mode complet de comportement. Il s’en distingue pour deux raisons principales : l’une est d’ordre intentionnel – il n’est pas envisageable de franchir certaines limites d’attouchements -, ; l’autre est d’ordre vestimentaire. Plus que la prudence toute relative des caresses :t des baisers, c’est le respect mutuel de la « barrière » des sous-vêtements qui caractérise le flirt, e, même dans le ; du flirt « poussé », c’est-à-dire s’achevant par une éjaculation chez les garçons ou un orgasme chez les filles. Si les partenaires étaient nus, de tels gestes entreraient dans la définition d’un authentique  « rapport ». Le flirt est donc une préface de la fonction érotique : elle donne au couple la possibilité d’exprimer son attachement, d’en faire la « publicité » sans honte et sans reproches sur un banc public ou en « boîte », d’apaiser la curiosité et les envies, du moins provisoirement…

Un apprentissage

Le bénéfice le plus important qui peut être obtenu dans cette transaction ne se compte pas en termes de plaisirs inachevés mais en termes de « leçons ».

En effet, le flirt permet au moins d’estimer grosso modo le savoir-faire d’autrui, et de s’observer soi- même agissant avec plus ou moins de succès et de trac. Il y a de toute évidence un apprentissage gestuel à acquérir avant d’aller au-delà, et le flirt l’inaugure dans un climat relativement pondéré. Mis à part le coït, dont on ne rappelle jamais assez la nature innée, le langage corporel, qui tend à embellir l’instinct, ne va pas de soi. À tout âge, l’art des caresses trahit les novices : des mouvements brusques, des pressions trop appuyées, une précipitation du déshabillage, un baiser « étouffant », une attitude « déplacée »… peuvent avoir un effet dévastateur.

Si le langage gestuel est si utile, c’est aussi parce qu’il aide à neutraliser temporairement nos systèmes d’autodéfense passive : le flirt est l’exception qui confirme le principe selon lequel seul l’amour est capable de vaincre le dégoût naturel qui nous maintient à distance convenable les uns des autres.

Or le flirt permet, parfois avec amour et souvent sans mérite, d’entrer en contact avec les visages, les torses, les hanches. Le frottement des corps, le choc des corps, ne sont tolérés que parce qu’ils sont réversibles ! À tout moment, on peut rompre le charme, reculer, recouvrer son espace, interrompre l’escalade des émotions, sans conséquences, en théorie, sur l’avenir de la relation. Le flirt est un contrat.

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