« Serial Till’Her »

– Média –, Tinder 0 commentaire

Voici le premier chapitre de « Serial Till’Her » ouvrage écrit par Antoine Maréchal et qui raconte les déboires d’un jeune romantique sur une application de rencontre assez célèbre…

L’Express

 

Chapitre 1 

 

20h50, Clément était au point de rendez-vous : un bar tout à fait classique de Pigalle. On y servait des cocktails et de la bière. Il y avait une terrasse et les serveurs étaient de jeunes hipsters ayant le droit de vie ou de mort sur la soirée de leurs clients. Nathalie lui avait proposé ce bar « super cool, et les cocktails ne sont pas hyper chers » pour leur première rencontre.

Ils avaient discuté un peu sur Till’Her après s’être matchés. Franchement, pas très longtemps. Au bout de 4 messages, il lui avait proposé d’aller boire un verre. Elle avait accepté directement, un jeu d’enfant. Il savait qu’il lui plaisait, ça crevait les yeux dans les messages de Nathalie : « Je suis trop contente que tu m’aies swipée à droite, je te kiffais vraiment sur tes photos ». Cette impudeur des sentiments et l’utilisation du mot « kiffer » dérangeaient Clément. Mais il était dans un tel état de manque affectif qu’elle aurait pu dire « XPTDR, je croyé trop pa t’allé me liké », il aurait sans doute quand même accepté de boire un verre avec elle.

 

Visualhunt

 

Petite explication pour les rares personnes qui l’ignorent : Till’Her, c’est l’appli pour faire des rencontres faciles. Il suffit de faire défiler des photos de personnes du sexe opposé sur son écran. Si on aime bien le profil, on le fait glisser vers la droite : on swipe à droite. Si le profil ne nous plait pas, on swipe à gauche. Lorsque les deux personnes se sont swipées à droite, il y a une affinité : un match. Et c’est là que le vrai match commence. Le mec généralement doit en mettre plein la vue à la fille. Avec une belle punchline d’entrée de jeu, et une conversation intéressante, drôle, un peu aventureuse, mais pas trop non plus pour ne pas faire le mec en chien qui veut ce que les filles ne veulent jamais : un plan cul. Le principe du plan cul est simple, c’est un plan avec la fille qui n’engage que son cul. Or 90% des hommes sur Till’Her veulent un plan cul, pour seulement 10% des femmes. C’est là tout le drame de Till’Her. Till’Her c’est le diminutif de Until Her. C’est aussi le nom de l’application créée par un américain de la Silicon Valley de 28 ans nommé Brian Johnson. Après des études d’ingénieur, il peinait à trouver une fille qui voulait de lui. Là où n’importe quel jeune français se serait masturbé en regardant du porno, lui avait décidé de créer une application pour remédier à ça. Until Her signifie en français « Jusqu’à elle ». Et c’est ce que cherchaient tous les mecs sur l’appli : arriver jusqu’à Elle, LA femme. C’est pour ça que Clément avait téléchargé l’application.

Nathalie n’était pas LA femme. Il n’avait pas eu de coup de coeur en voyant ses photos. Elle avait quand même un beau sourire et la peau mate, mais rien de transcendant. Il était tout de même un peu tendu avant cette rencontre car il ne savait pas de quoi ils allaient pouvoir discuter.

Mais bon, ça avait l’air d’être du tout cuit avec elle. Et il était en quête d’un quelconque moment affectif avec n’importe qui. La discussion autour du verre était seulement le moyen d’y parvenir.

Même si la fille ne l’aurait probablement jamais marqué s’il l’avait croisée dans la vie réelle, dans une rame de métro ou à une soirée d’amis, il était anxieux à l’idée que, dans quelques minutes, il la rencontrerait. Ce qu’il jouait là était bien plus important qu’une simple histoire avec cette fille. Il était incapable de croire en lui, tant que personne n’y croyait pour lui. C’est pourquoi il avait besoin de se rassurer avec Nathalie. C’était sa confiance qu’il mettait en jeu ce soir-là.

Il avait la bouche sèche et le palpitant qui s’affolait.

20h57, elle arriverait d’un moment à l’autre. Il épiait toutes les personnes qui venaient vers lui. Sur le trottoir du Moulin Rouge en cette heure de pointe, passèrent, un clochard, une prostituée, un pickpocket… Ce n’était pas le coin le plus calme de Paris pour un rendez-vous. Il commençait à craindre que tout cela soit un guet-apens.

 

photosylvia / silabox

 

Quelques jolies filles passaient à côté de lui. Parfois en lui jetant des regards équivoques. Dommage qu’il n’osât pas aborder les filles dans la rue. Lui, il avait besoin d’une application de rencontre pour ça. Cette application où tout le monde cherchait à faire des rencontres en toute simplicité facilitait bien la vie sentimentale des gens timides comme lui.

Une fille, qui ressemblait à Nathalie, arrivait dans sa direction à une trentaine de mètres. Elle ressemblait à Nathalie, mais ça ne pouvait pas être elle. Elle devait faire 15 kilos de plus. Pourtant c’était bien le même visage à la peau mate, le même sourire qu’elle lui adressait. Merde, Nathalie ! Mais il y avait erreur sur la marchandise. Il n’avait pas signé pour ça.

 

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Merci Antoine !

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