Un Think tank dédié aux questions de cul

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Parler de sexualité sans ressentir de gêne !

Cabinet de curiosité féminine.

 

L’association du « cabinet de curiosité féminine », fondée par Alexia et Camille, a pour vocation d’aborder tous les sujets liés à la sexualité. Aujourd’hui elles sont 5 nanas, dont une sexothérapeute, et une sexologue. L’asso organise régulièrement des ateliers, nous avons participé pour vous au lancement du « Think tank des Curieuses » en octobre dernier afin de trouver des réponses à la question  » Pourquoi parler de sexualité, jusqu’où et avec qui ? « 

« Peut-on parler de sa sexualité avec son/sa partenaire sans ressentir de gêne ? »

On constate que le sexe est un des sujets les plus chauds et les plus récurrents dans les médias. La plupart des auteurs scientifiques en parlent de manière détachée en portant un regard froid et purement conventionnel, et cela ne permet pas réellement de trouver des réponses à nos questions intimes.

 

Préliminaires

 

Comment parler de cul sans scrupules ? Pendant le débat, certain.e.s en parlent sans concession ni timidité, d’autres gardent une certaine réserve, et c’est là le cœur du problème. Tout le monde parle de cul, indéniablement, mais trouve-t-on pour autant les réponses à nos questions ? Délicat sujet, mais abordé avec légèreté pendant ce think tank. Grâce à la bienveillance des animatrices du débat, les langues se délient. Éclats de rire, jeux de mots bien sentis, témoignages drôles, voilà que l’assistance se détend et parle plus librement des questions qui les taraudent vraiment.

Bien que nous vivions dans une société hyper libérale où le sexe est omniprésent, la sexualité dans la sphère intime est encore très taboue. L’une des participantes se souvient que sa mère « arrachait les pages sexo des magasines lorsqu’elle était plus jeune« . Ce temps est révolu pour la nouvelle génération. En effet en principe, des interventions sont possible et parfois faites dès le CP aux enfants. Bien sûr les rapports sexuels ne sont pas abordés, mais les questions de la différence des corps, de l’intimité et de la pudeur ainsi que le respect de l’autre, si. Ce sont les bases de l’apprentissage de la vie affective. D’après les récents mouvements sur le web #metoo #balancetonporc, on voit qu’il reste pas mal de travail !

Une autre participante pointe du doigt le diktat imposé par les normes, « regardez les modèles que l’on nous montre dès le plus jeune âge : Barbie et Ken ne sont pas représentatifs. Ils sont même asexués d’ailleurs : pas de tétons, pas de vagin, de poils, de testicules ni de phallus ». « Ça ne m’a pas empêché de les faire baiser » balance une autre sous les éclats de rire général du public.

 

Crédit Photo Mariel Clayton

 

Suis-je normal.e ?

 

On a besoin de se rassurer sur le fait que notre corps est normal, que nos envies ne sont peut-être pas classiques mais souvent partagées, fantasmées. Une femme explique qu’une de ses amies est hyper-sexuée, c’est-à-dire très ouverte et engageante dans sa manière de séduire et de parler aux hommes. Incomprise par la plupart des gens, elle est souvent taxée de « salope » alors qu’elle ne fait qu’exprimer son ouverture d’esprit.

 

Parlons peu, parlons cul

 

Une autre témoigne qu’une de ses camarades de lycée a eu le malheur de dire  « j’adore sucer et mettre du Nutella sur les sexes ». Devenue la risée de ses camarades, elle aura compris la leçon : on peut parler de cul, mais pas avec tout le monde.

Même une fois adulte, notre rapport à la sexualité n’est pas chose acquise. L’une des participantes avoue sans détour ne pas avoir pris le temps de sonder réellement ses goûts personnels avant ses 35 ans. Savoir si on aime ou non la fellation, la sodomie, le bondage…la découverte de son corps et de sa sexualité est en perpétuelle évolution.

Pour ne pas se retrouver seul.e face à ses propres questions, les ami.e.s sont là, mais pour certaines personnes, le sujet est abordé de manière trop superficielle, pour ne pas choquer, par pudeur ou simplement parce que rares sont les occasions où l’on peut s’épancher sans crainte du jugement de l’autre.

Parler de sexe avec son partenaire ?

 

Tout aussi délicat, ce n’est pas après 3 ans de relations que l’on peut finalement dire, « je n’aime pas ta manière de faire ». Le souci est qu’au début d’une relation, en discuter semble tout aussi gênant. On découvre un autre corps, une autre façon de baiser, de faire l’amour. Chacun à une approche différente et c’est là que le besoin d’en parler aux autres est nécessaire. Autant pour se rassurer que pour comprendre que, finalement, il n’y a pas de normes dans les rapports, ce n’est qu’une question de goût et de confiance. Établir un échange, autre que les fluides corporels, s’avère important en couple.

Une des participantes ironise, certains couples ne parlent jamais de leur sexualité, ils finissent par divorcer et on apprend après qu’ils ne couchaient plus ensemble depuis 10 ans. Autant dire que c’est important d’entretenir le dialogue sur le sujet central qu’est le sexe dans un couple ! Enfin, en parler avec des personnes de confiance ou des professionnels permet d’avoir parfois plus confiance en soi, prendre du recul, s’enlever une partie de la pression exercée par les images véhiculées dans les pornos et la société en général. Conclusion : « parler de cul, c’est déjà un avant-goût du plaisir à venir » ! Pas de honte à avoir, parlez-en à cœur ouvert et à corps perdu !

On attend le prochain « Think tank des Curieuses » en janvier !

Vous pouvez les suivre sur Twitter et Facebook pour être au courant des prochains ateliers, conférences et discussions

 

Par Sarah Suong

Vous pouvez aussi lire un témoignage sur la découverte et l’affirmation de sa sexualité

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