Les maladies sexuelles

Les maladies liées à la vie sexuelle forment un tout homogène, énigmatique, inquiétant, qui oblige à mettre en œuvre une démarche globale d’éducation à la santé.

Les maladies liées à la vie sexuelle forment un tout homogène, énigmatique, inquiétant, qui oblige à mettre en œuvre une démarche globale d’éducation à la santé.

Symptômes visibles, invisibles

L’« alphabet » sexuel le plus courant, les gestes de base à partir desquels chacun peut faire l’amour sans peur et sans reproche se comptent sur les doigts d’une main. Cinq outillages (verge, vagin, bouche, anus, doigt) et cinq recettes (coït, sodomie, masturbation, fellation, cunnilinctüs*) pour tenter de vivre un chef-d’œuvre… Passons sur la vanité de certains projets, pour dire que le besoin de gratter les muqueuses et de mélanger les fluides n’est pas seulement délicieux à apaiser, il fait aussi « plaisir » aux microbes impurs que l’on peut héberger à son insu : l’union lascive des êtres favorise la greffe sournoise des microbes. Dans un dessein érotique idéal, prônant la fusion totale des corps, la réalité peut parfois dépasser la fiction. Chacun sait désormais que ces différents comportements d’allégresse génitale ne font pas courir un risque égal de contamination. Grosso modo, on retient que la salive est un milieu assez hostile aux germes (rendant par exemple la fellation bien moins redoutable que la sodomie) et qu’au contraire les muqueuses infectées ou abîmées (vagin sec, col de l’utérus enflammé, plaies des gencives, hémorroïdes,*,) ne résistent pas longtemps.est donc essentiel, aujourd’hui de cesser la diffusion de messages de prévention se limitant à l’inventaire des « pratiques sexuelles à risques ». Face à la complexité et à la gravité de ces épidémies, il faut oser en décliner les aspects intimes, allant jusqu’à suggérer la surveillance de l’hygiène bucco-dentaire, des contrôles de routine gynécologiques et même proctologiques.

Bisexualité : coût double ?

On doit certes mettre l’accent sur le potentiel de contagions « croisées » entre les différentes maladies sexuelles. Mais il faut signaler que d’autres passerelles rendent plus opaque et plus menaçante encore la chaîne théorique de contamination. Stigmatiser les « partenaires multiples », le nomadisme sexuel, est une chose, sous-estimer 1’alternance bisexuelle en est une autre. L‘ambivalence avérée et triomphante est rare, mais les rencontres homosexuelles de l’homme marié ou les expériences de prostitution de garçons marginalisés par la toxicomanie ou l’exclusion ne le sont pas.

C’est l’énorme écart des possibilités de contagion reconnues chez les homosexuels par rapport aux lesbiennes qui rend cette question exaspérante… et difficile à divulguer dans le cadre des campagnes tout public d’incitation à l’usage du préservatif.

En ne « ciblant » que les comportements politiquement corrects, on permet aux 2 à 4 % d’excentriques de mettre en échec la prévention.

 

 

 

Remarque

Il ne faut pas que les praticiens et le public focalisent uniquement leur vigilance sur le syndrome d’immunodéficience acquise (sida), sous prétexte qu’il interpelle, de façon exceptionnelle, les scientifiques sur leur dénuement et les religieux sur leurs convictions.

Quand consulter ?

Devant tout écoulement anormal, plaies des organes génitaux, boutons ou démangeaisons intenses. Examens et prises de sang viennent alors confirmer ou infirmer une MST*.