La frigidité

Le terme de frigidité désigne encore en 1945 l’impuissance masculine.
Au xix* siècle, la « froidure » est attribuée aux femmes sans plaisir et, plus près de nous, à celles qui de surcroît ne s’en soucient guère. C’est dire l’extrême variété d’histoires en cause et l’humilité dont il faut faire preuve lors de la prise en charge thérapeutique.

L’anesthésie

Dans son bon sens coutumier, la rumeur populaire fait dire aux femmes qui ne ressentent pas grand-chose qu’elles sont frigides. Or l’idée est confirmée par les recherches actuelles concernant l’hémodyna- mique* des zones érogènes : les perceptions voluptueuses sont favorisées par leur réchauffement.

À cet égard, les hommes sains et saufs ne sont jamais « frigides », puisque leur métabolisme érotique est automatisé. Et puis, ça se saurait, puisque l’homme qui ne jouit pas… n’éjacule pas : c’est la loi du tout ou rien.

Toute femme à l’état brut, disons « naturel », est frigide, jusqu’à ce que des circonstances inconnues lui permettent de connaître, puis d’embellir son potentiel orgastique. Ces acquis doivent être défendus, car ils sont vulnérables et le plaisir peut s’éteindre, tout à coup, pour un jour, pour un an…
Elle est difficile la parole qui s’échange en consultation : l’invisibilité de ces états de « jeûne » érotique est totale. Parfois, c’est la sensibilité vaginale seule qui est comme anesthésiée, en raison d’un choc émotionnel par exemple. Ailleurs, c’est une carence intégrale, aussi bien clitoridienne que vaginale, qui est évoquée. Pas de standard, chaque femme est unique et, une fois écartés d’éventuels motifs médicaux, aider à découvrir ou redécouvrir l’orgasme, c’est l’escorter pour qu’elle ose oser.

L’oubli

Dans son acception moderne, cependant, la frigidité désigne la réduction ou la disparition de tout ou partie des motivations érotiques, chez l’homme comme chez la femme. Cet état pose d’emblée des questions d’ordre éthique*, sous-estimées par des camelots du bonheur sur ordonnance. L’amoindrissement du désir d’aimer est-il un symptôme dépressif ou une manoeuvre d’intimidation du partenaire ? La cicatrice de conflits inavouables ou le solde de tout compte d’un couple fini ? Le pivot de ces situations de deuil érotique, c’est le principe de liberté. Désirer est un acte libre ; le non-désir doit l’être aussi. Exiger que les besoins sexuels durent aussi longtemps que la cohabitation est une utopie inspirée par une vision angélique de l’amour. Le désir ne s’inscrit dans la durée que si on le mérite. Pour de nombreux couples, l’indifférence est une forme chronique d’oubli, mais un abandon qui n’implique pas encore le dégoût ; c’est en insistant pour relancer l’envie que tout peut chavirer et s’aggraver.

L’assistance thérapeutique ne peut agir que sur la mémoire. Le désir est affaire de souvenirs depuis l’enfance : il s’inscrit dans la durée, dans une longue continuité, où la mémoire entre en jeu. Un couple, c’est une mémoire à deux, que l’on peut raviver peut- être, en respectant une volonté d’oubli des griefs qui vaut mieux que la haine.

Frigidité masculine

La frigidité masculine existe. Elle laisse pantois parce qu’elle révèle le vrai visage de l’homme. Certains, même les plus machos, trompent leur monde, détalent à l’approche d’une femme, trahissent leur image, bref, ils n’ont plus envie.

La frigidité est- elle héréditaire ?

Non, bien sûr ! En revanche, il est probable qu’une mère frigide rendra sa fille frigide. La petite fille a tendance à imiter un modèle, sa mère, et copiera ses gestes. Si la mère assume mal sa féminité ou émet un discours anti-féminin, la fillette ne sera jamais coquette et n’aura pas de sensualité.
Or une bonne sexualité passe par une bonne sensualité.


Masculin – Féminin

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