« Faire l’amour »

« Faire l’amour », c’est passer aux actes et non pas « à l’acte » isolé qu’est le coït. Il s’agit donc en théorie d’un vaste échantillon d’échanges érogènes, tendant à aboutir au déclenchement réflexe de l’orgasme. En pratique cependant, l’expression est malencontreusement limitée à l’évocation de la pénétration.

Le corps à corps

Le but de la fonction érotique est de parvenir à ce que les corps procurent en s’interpénétrant un sentiment de fusion. Or le coït, qui donne évidemment l’exemple de cette tentative de « greffe » des organes, ressemble plus en fin de compte à un tournoi qu’à un triomphe de l’amour. C’est parce que la jouissance est très inégalement répartie d’un couple à l’autre, d’un partenaire à l’autre, que sa quête ressemble plus à une course-poursuite qu’à un duo harmonieux. Même avant la décision d’entamer le coït, dès que le besoin d’orgasme se fait sentir, pour l’un des deux partenaires ou d’un commun accord, tout bascule. Et il ne reste plus qu’à faire appel à une mobilisation générale des sensa tions et des fantasmes pour gravir quatre à quatre les marches qui conduisent à l’apaisement escompté.

« Faire l’amour », c’est donc accumuler, dans un temps hélas trop bref et une surface caressée souvent réduite à une peau de chagrin, assez d’élan émotionnel pour que le sexe fasse un bond dans la tête. Le problème vient du fait que les femmes ne peuvent être comblées que si elles ont « positivé » leurs zones érogènes, dont la réceptivité n’est inscrite qu’en pointillé dans le cerveau.

Si énigmatique que soit ce décalage entre les hommes et les femmes, il conduit les amants qui ne sont pas égoïstes à allonger la durée et la précision des étreintes, à répéter les caresses préférées… à se placer au chevet du besoin qu’éprouvent la plupart des femmes de faire l’amour d’abord avec le cœur.

Les postures et les rythmes « Ne faire qu’un » n’est pas fonction seulement de l’emboîtement des corps. La volupté n’émerge de ces frottements élémentaires que si l’on perçoit l’incomparable plaisir de bouger à l’unisson, au même rythme, avec le même enchaînement des postures, exprimant les envies de caresses ou de baisers à la même cadence… Il n’y a donc pas de « bonne » ou de « moins bonne position » pour faire l’amour. C’est une question d’habitude, de goût, de résistance physique, d’agilité notamment pour réussir la pénétration. Comme il existe des attitudes plus « subversives », des exhibitions plus bouleversantes, des jeux de bouche plus séditieux pour chacun de nous, les couples privilégiés sont capables d’alterner les initiatives ; en règle générale cependant, un consensus est rapidement mis en mémoire et « la » sélection de positions et de mouvements permettant de jouir ne va plus varier à l’avenir.

L’art d’aimer est plein de paradoxes. Alors que les débutants s’évertuent à précipiter le rythme des étreintes, les initiés atteignent un niveau comparable de bonheur… en s’immobilisant en silence. A ce stade de maîtrise de soi, faire l’amour, c’est aussi se recueillir avec humilité face à face, afin d’espérer gagner en intensité émotionnelle ce que les corps ne livrent jamais dans l’effort.

 

Statistiques
  • 10 % des femmes atteignantla trentaine sont en mesure d’avoir un orgasme quelle que soit la posture du coït Avec l’âge et l’accumulation des expériences, on peut chercher à jouir différemment Et si les sensations ne sont pas au rendez-vous, il ne faut pas s’en inquiéter.

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