Lettre P

 

Dico de l’amour et des pratiques sexuelles par Jacques Waynberg

Panne

Evasion réussie d’une érection qui souffrait de sous-alimentation érotique.

 

Panty

Culotte des filles années 1965, couvrant le nombril et descendant sur les cuisses, en textile moulant mais extensible, plus confortable qu’érogène même dans ses versions dentelles.

 

Paraphilie

Terme en usage dans les milieux psychiatriques aux Etats-Unis, pour désigner toute conduite sexuelle « déviante » par rapport au monopole d’une l’hétérosexualité* inévitablement puritaine. Comme le standard des conduites licites se résume à la séquence « attouchement-étreinte-coït », l’étendue des comportements jugés illégaux devient si vaste que leur inventaire perd tout intérêt clinique.

 

Pardon

Renoncement plus ou moins résigné à toute forme de représailles ; la rancune est mise entre           parenthèses, et c’est une des formes les plus convoitées de la réconciliation.

 

Partouze

Tohu-bohu sexuel, version populaire de l’orgie* sans ses raffinements et son style.

 

Passe

Corps à corps tarifé entre client et prostitué(e)*. La durée du circuit est bien plus expéditive que les promesses ne le laissaient entrevoir – moins d’une dizaine de minutes en moyenne – mais rares sont les passagers qui, de toute façon, seraient en mesure d’assurer des prestations conjugales plus glorieuses…

 

Passion

Engagement affectif, à la fois « aveugle » et intense. La passion amoureuse entre en défaillance sur le plan érotique car en plaçant son objet sur un piédestal, en quête d’un idéal fantasmé, elle n’enrichit en fin de compte que son versant narcissique* et rend la fusion charnelle d’autant plus frustrante.

Crime passionnel

L’inassouvissement étant l’impasse où s’agite la passion, parvenu à un degré jugé intolérable, sa violence peut se transférer dans le désir de la mort de l’objet d’une telle aliénation.

 

Patch

Dispositif appliqué sur la peau, destiné au traitement hormonal substitutif de la ménopause*. Il s’agit d’un grand adhésif de 15 cm² collé dans le bas du dos, sur la fesse ou l’abdomen, et maintenu en place une semaine. Le composé hormonal diffuse à dose constante à travers la peau, dont la température active le passage.

L’observance

Mesure statistique de la poursuite d’un traitement. Ici, les abandons ne mettent pas en cause les qualités du dispositif, mais sa « visibilité », son contact figé sous les caresses… faisant l’aveu à contrecœur d’un vieillissement que d’autres subterfuges tentaient de dissimuler.

 

 

Péchés capitaux

Les sept vices les plus pernicieux, dénoncés par la morale chrétienne : orgueil, envie, avarice, luxure*, paresse, gourmandise et colère. Si le catéchisme les accuse avec véhémence ce n’est pas seulement parce qu’ils défient une loi divine, mais surtout parce qu’ils traduisent une hostilité que l’on dirait d’ordre « éthique » aujourd’hui, socialement malfaisante. Or, précisément, c’est sur ces sept piliers de l’inconduite que se bâtit l’érotisme, comme un repentir, sans cesse en butte avec le doute et la honte.

Vieillir sans faute

Plus l’âge avance, plus les péchés, et les plus « mortels » d’entre eux, sont délicieux, offrant au quotidien un sens de la révolte qui fait aimer la vie, même si l’entourage le conteste et s’en effraye…

 

Pédéraste

Dans une suite ininterrompue, quatre siècles durant, d’emplois littéraires et policiers – ainsi que de nombreux dérivés argotiques – le terme a tout d’abord qualifié l’homosexuel* qui pratique la sodomie*, puis dès la fin du XIX° siècle, celui qui s’éprend des jeunes garçons. Toutefois aujourd’hui, c’est le sens d’homosexuel masculin sexuellement actif qui domine, y associant une connotation péjorative et souvent injurieuse.

 

Pédophilie

Relation sexuelle impliquant adultes et mineurs de moins de 15 ans. Hommes et femmes y sont impliqués. A priori le corps social dénie à l’enfant toute possibilité de consentement aux actes qu’il commet, ce qui condamne d’office leurs instigateurs pour « atteinte sexuelle », même s’il n’y a eu ni violence, contrainte, menace ou surprise.

Justice

La protection des mineurs est un des thèmes renforcés du nouveau code pénal français, publié en 1995. Pédophilie, abus sexuel, inceste, n’y sont pas cités expressément, la loi retient en revanche les termes de viol*, agression sexuelle et corruption de mineur.

 

Peep-show

Strip-tease* à la pièce, pour amateur solitaire, installé dans une des minuscules cabines entourant une piste centrale pivotante où s’exhibent les « comédiens ». Une glace sans teint est obturée par un écran qui s’efface au rythme d’une minuterie alimentée par les pièces de monnaie du consommateur.

 

Pelvis

Terme anatomique désignant le contenu du « bas-ventre », à savoir, la vessie, les organes génitaux internes et le rectum. Synonyme de « petit bassin ».

 

Pénétration

Mouvement qui permet, à la langue, aux doigts, à la main, aux orteils, au sexe,  à des postiches les plus variés… de franchir l’orifice vaginal, l’anus ou l’ouverture de la bouche. Dans l’action,  les rôles peuvent être moins figés que la coutume le jugeait autrefois, mais la distinction entre partenaire « insertif » qui pénètre, et « réceptif », qui est pénétré(e), reste importante à décrire, ne serait-ce qu’en termes de prévention et de lutte contre les MST*.

 

Pénis

Membre viril. Dans le langage médical, lorsqu’il s’agit de citer le sexe anatomique, c’est le mot « verge » qui est utilisé ; « pénis » l’est plus souvent dans les textes de sciences humaines, en se détournant cette fois de toute considération physiologique, pour ne signifier que l’emblème du masculin. C’est à « phallus »* que l’on confère le sens symbolique de la virilité.

psychanalyse

« L’envie de pénis » fonde, pour la théorie freudienne initiale, l’essentiel des revendications inconscientes de la féminité. Dogme qui paraît fondé sur une misogynie démodée, mais qu’une relecture  restitue dans sa fonction explicative de la supériorité symbolique de la sexualité féminine.

 

Penis captivus

Tiré du latin, pour désigner durant le coït* la saisie irréductible de la verge dans le vagin, retenue par un spasme aussi inattendu que puissant des muscles releveurs* de l’anus.  Fréquents chez le chien, à cause de la turgescence en « bouchon de champagne » de sa verge après l’intromission, l’incident est anecdotique chez l’homme.

 

Périnée

L’ensemble des téguments et des muscles qui constituent le « plancher » de l’abdomen, autrement dit, l’espace entre l’anus et les organes génitaux. Zone éminemment  sensible, zone convoitée, zone interdite au public, zone protégée, agissant en « garde-frontière » des orifices qui la traversent, et auxquels elle n’accorde pas de libre accès sans recommandations spéciales.

Rééducation périnéale

La solidité du « plancher pelvien » n’est pas à toute épreuve, et un accouchement laborieux peut en amoindrir l’élasticité et surtout l’efficacité dans le contrôle des sphincters*. Des méthodes de rééducation, manuelles et instrumentales, permettent d’en récupérer la maîtrise.

 

Période réfractaire

L’éjaculation est suivie, à la seconde près, d’une phase bigrement « réfractaire » à la poursuite des opérations en cours. Sa durée dépend non seulement de l’âge, voire de l’état de santé du sujet, mais également de la qualité des motivations et des promesses… La rigidité de la verge peut en revanche ne pas flancher aussi rapidement, mais l’effondrement de ses commanditaires lui coupe les vivres du désir et la rend parfois embarrassante.

Erection artificielle

Lors d’érections médicalement assistées, l’intoxication des tissus érectiles maintien la rigidité bien au-delà de l’éjaculation : la phase réfractaire n’est plus synonyme d’impuissance, mais les récompenses escomptées sont gâchées par l’hypersensibilité du gland et la perte irrémédiable du désir.

 

Perversion

Comportement sexuel aberrant par rapport aux critères de normalité établis par un consensus d’ordre éthique et moral. Toutes les sociétés établissant une sélection d’actions permises, face à d’autres absolument proscrites, la tendance à les transgresser apparaît donc comme une prédisposition universelle, une manière d’être face au « lignage » qui fonde une communauté. Mais, si le dispositif de consolidation des prohibitions sociales menace le « pervers » d’exclusion,  c’est en lui, en elle, que l’interdit est le plus durement activé : les fixations, irréductibles, à un unique « objet » érotique, réduisent le plaisir à un entêtement obsessionnel qui freine l’accès à la jouissance.

Dénomination

Il n’y a de pervers que de comportement dénommé comme tel par le corps social. C’est le langage qui lie en effet le sexuel à l’imaginaire, et le confine dans ses attributs symboliques, pour qu’il s’en tienne à ce qui en est dit du permis et du défendu.

 

Petting

Vient de l’anglais to pet, caresser un animal familier. Synonyme du flirt* juvénile et chaste, même si la tentation de caresser les sexes fait céder les résistances et permet d’en jouir.

Phallus

Toute représentation du pénis en érection. Figure symbolique de fécondité, bien plus que de virilité sexuelle, cette statuaire, consacrée aux « divinités génératrices », s’impose dans la préhistoire culturelle de nombreuses civilisations, dont celle qui enfanta l’Occident.

Fonction phallique

Transposition du terme, élaborée par la psychanalyse*, destinée à réfléchir sur la différence que l’inconscient* établit entre les sexes : le phallus fonctionne ainsi comme l’emblème d’une fausse coexistence pacifique entre masculin et féminin, et symbolise dans ce cas l’utopie de parvenir à ne faire plus qu’Un dans le « rapport sexuel ».

 

Phanères

Terme générique pour désigner ce qui est apparent (phaneros en grec) : les poils, les cheveux,  les ongles et les dents. Très directement influencés par l’induction hormonale, les phanères se constituent en « caractères sexuels » que la mode ou les fétichismes* vont embellir ou discréditer.

 

Phéromones

Substances odorantes, sécrétées à l’extérieur d’un animal, en général par une glande spéciale, et qui, captées par un individu de la même espèce, provoquent des réactions comportementales ou biologiques spécifiques. Alarme, sélection, marquage, trace, territoire, défense, hiérarchie et naturellement sexualité, sont ainsi « médiatisés » par une identification olfactive génétiquement programmée.

Sui generis

Expression médicale en latin, qui désigne tout ce qui est facilement reconnu, telles les odeurs caractéristiques de l’urine… qui véhiculeraient des phéromones humaines à vocation libidineuses, qui n’ont de qualité pour l’instant que de provoquer des disputes de savants.

 

Phimosis

Rétrécissement de l’anneau du prépuce* gênant, ou interdisant, le décalottage du gland, et par conséquent le coït. Si ce resserrement est parfois acquis au décours d’une infection ou d’une cicatrisation, il est le plus souvent une banale malformation congénitale, découverte dans l’enfance, sauf, par des parents sots et pudibonds, qui répugnent à laver correctement le sexe de leur fils… Le phimosis vrai, constitutionnel ou acquis, relève d’une circoncision*.

Auto-examen

Lors des manipulations de la masturbation, si le prépuce ne peut pas facilement recouvrir le gland par simple étirement, le serrant même comme un anneau, la suspicion de phimosis doit être vérifiée.

 

Phobies

Terme psychiatrique qui caractérise des « paniques imaginaires », faisant éclater une bouffée d’angoisse, souvent en relation inconsciente avec les empreintes des peurs infantiles. D’un point de vue plus quotidien, les « phobies » s’inscrivent dans les protocoles du dégoût* – bien que le lien qui peut les unir au fétichisme* renverse l’épouvante en fringale – et participent ainsi activement à l’élaboration des fantasmes érogènes.

 

Piercing

Pratique ancestrale de « marquage » du corps – le plus souvent associée au tatouage* – qui consiste à percer la peau afin d’y fixer des tiges ou des anneaux, servant à leur tour de crochet pour « sertir » un bijou, suspendre des poids ou des chaînes… Dans un projet plus mutilant, le stretching consiste à agrandir progressivement le trou initial du percement d’oreille par exemple, pour y placer des bijoux de grands diamètres ; l’allongement des lèvres vulvaires procède du même mécanisme de plasticité des téguments.

L’identité par le trou

Ce n’est pas le site de perforation qui est l’insigne identitaire – puisque de nombreux bijoux sont implantés sur des zones inaccessibles au regard – c’est le geste et le trou, équivalent de la mutilation initiatique.

Pilosité

Ensemble des critères de quantité et de texture, de teinte et de longueur, des différentes zones poilues du corps. Un des principaux caractères sexuels dits « secondaires », c’est à dire sur lesquels on compte pour distinguer le masculin du féminin. Le sort qui leur est fait est infiniment capricieux, témoin des modes et des goûts personnels.

A poil

Etre nu, autrement dit, n’avoir plus que ses poils à se mettre.

 

Pilule

Nom générique de la contraception chimique orale : petits comprimés dosés à des quantités désormais réduites d’hormones de synthèse. Leur présence dans le sang va leurrer les organes cibles, du cerveau à l’ovaire* et, simulant une grossesse, les mettre au repos : l’ovulation est inhibée, l’infertilité provisoirement assurée.

Hémorragie de privation

Expression donnée aux fausses règles qui surviennent lors de la période d’arrêt d’une semaine, préconisée entre deux plaquettes de pilules.

 

Pin-up

Diminutif anglais de pin-up girl, poster de fille nue épinglé au mur. Le standard graphique de cette féminité outrageusement appétissante est défini dès les années 1953 aux Etats-Unis, avec le magazine Playboy et ses starlettes encore pudiques et maniérées. De la bande dessinée au cinéma, le modèle évoluera vers une exhibition plus triviale des corps, mais sans leur faire perdre leurs attributs d’hyperféminité maternante, oserai-je dire, allaitante ?

 

Pipe

« Faire une pipe », c’était en rouler une, à l’époque des cigarettes faites à la main. Si le sens actuel à évolué vers la fellation* c’est par analogie, peut-être, avec la méticulosité des gestes du fumeur, ses mouvements de langue pour coller le papier de soie… En « tailler » une, s’écarte évidemment de cette généalogie bon enfant, pour sombrer dans le langage  pornographique.

 

Pipole

Rappelle phonétiquement le terme anglais  people qui caricature dans les médias, comme le BCBG* à la française, la « jet society » et ses fredaines, ses incartades et ses extravagances conjugales.

 

Placebo (effet)

Leurre thérapeutique. L’obtention d’une action bénéfique est acquise par un produit ne contenant strictement aucun principe actif (comprimés au lactose, ou eau pure en perfusions, par exemple). Mais ce vrai faux médicament est en réalité un objet de médiation, comme l’on dit, un lien puissamment régressif avec l’image « paternelle », toute puissante, du médecin… ou avec celle plus sécurisante, « utérine », du huis clos des sex-shops…

 

Effet aphrodisiaque

, Pour être opérationnel, le mensonge exige que soient pris en compte dans cette interaction consommateur-produit miracle, la nouveauté, le nom du produit, la couleur, la taille, la voie d’administration, la posologie, le coût…

 

Plaisir

Aussi bien dans le fait de recevoir, que dans celui d’offrir, le plaisir est l’état de remplissage de la béance du désir.

 

Plateau

Etape plus ou moins durable de stabilisation dans la progression de l’excitation. Rarement inquiétant chez l’homme, dont il ne compromet pas l’arrivée, toujours « prématurée », de l’éjaculation, cet interlude peut être ressenti comme « interminable » chez la femme qui n’aboutit pas à l’orgasme, dans  des délais qui n’empiètent pas trop sur les autres activités domestiques…et créer un motif pénible de désillusion et de frustration.

 

Platonique

L’allusion au philosophe grec, Platon (428-348 avant J.-C.), et à ses conceptions esthétiques de l’amour, est entrée dans le langage courant dès le XVII° siècle, pour désigner un sentiment purifié et idéalisé, qui sache pencher vers l’attirance des « âmes » sans qu’il en soit souillé par le travail des corps.

 

Play-boy

Caricature de l’homme à succès féminins, que la blancheur de peau, la blondeur des boucles, le  baratin à la boutonnière, et le bracelet-montre en toc, rendent pourtant érotiquement insolvable.

 

Plug

Signifie « bouchon », en anglais. Gode* « auto-adhésif », rigide ou gonflable, à insérer dans l’anus et/ou le vagin, dont la forme en « bouchon de champagne » permet le maintien en place sans qu’il soit nécessaire de le tenir. La partie enfoncée est en forme de sphère ou de pyramide, dont le diamètre dépend du modèle, mais surtout du degré de dilatation atteint par l’orifice visité.

 

Pluralisme

Terme d’annonce échangiste*, qui indique le désir d’un couple d’accueillir un effectif inhabituel de partenaires,  avec notamment une majorité d’hommes seuls.

Pair, impair et manque

La sexualité plurielle est pointilleuse sur la question des nombres : les chiffres pairs l’emportent sur les assemblages impairs autres que le triolisme*. L’homme seul se met hors-jeu en ne dotant pas la partie de sa mise, qui serait évidemment de mettre sa femme sur le tapis.

 

Point « G »

Révélation encore hypothétique d’une nouvelle zone érogène féminine, située sur la face avant du vagin, derrière l’os du pubis*, et impliquée surtout dans le déclenchement d’exceptionnels orgasmes « éjaculatoires ». Un soupçon de duplicité scientifique persiste, tant il est vrai que la « découverte » en question date d’une période de restauration machiste aux Etats-Unis, réaffirmant la primauté du coït sur la masturbation, emblème d’une contre-culture féministe à proscrire.

Voir Femme fontaine.

Pollutions nocturnes

Ejaculations spontanées au cours du sommeil. Naturelles et banales dans la période post-pubertaire, elles trahissent chez l’adulte jeune une trop longue période d’abstinence*. C’est cette ambivalence, entre les lois de la nature et les préméditations malsaines, qui alimente encore un débat théologique assidu des trois religions méditerranéennes, pour savoir si ces « pollutions » sont assimilables à l’onanisme* (mollities des catholiques, hachhatat zera des juifs et nakîhou al-yâd des musulmans) et comment accéder à leur purification rituelle.

Ménarche et sémenarche

A l’instar du premier écoulement de sang menstruel chez la fille (dit « ménarche »),  il importe de donner toute sa valeur à la fois symbolique et biographique à la première éjaculation du garçon (que je propose d’appeler « sémenarche »), qui survient une fois sur quatre en dormant.

 

Polygamie

Régime matrimonial à choix multiples : soit plusieurs épouses pour un seul mari, soit plusieurs maris pour une seule épouse – plus rare, et que l’on appelle « polyandrie » – dont les prétextes ancestraux sont sans doute à rechercher dans des considérations d’ordre démographiques. Les craintes de pénurie de naissances s’effaçant de nos jours, on observe partout que ces coutumes tombent en désuétude.

 

Pornographie

Commerce de multimédias impudiques à but érogène. Fictions délurées, exhibant les pulsions sexuelles par tranches de fantasmes. Le voyeurisme* féminin y réactualise des récits refoulés, et les hommes s’en prennent à des résidus de frayeurs enfantines à se projeter ainsi dans la béance de leur imagination.

Education

Les images pornographiques sont des chimères. Leur parodie de jouissance n’est qu’illusion d’optique, sans valeur pédagogique, capable sans doute d’inspirer l’imitation d’une posture ou d’un geste, mais avec le risque de n’en retenir que le contenu obscène*.

 

Postures

Les positions des corps à corps érogènes sont tout à la fois innombrables, et tributaires de facteurs étrangers aux lubies, tels que l’inconfort, le mobilier, la pudeur, l’obésité, les rhumatisme, la taille, la fatigue, l’urgence, la myopie, la température…

 

Préliminaires

Désigne la « mise en bouche », l’inventaire des caresses et des provocations aguichantes, qui préludent à la quête de l’orgasme.

 

Prémenstruel

Qualifie le déroulement des derniers jours d’un cycle menstruel, précédant le déclenchement des règles. Période parfois pénible à subir, majorant un ensemble de signes physiques et émotionnels du nom de « syndrome prémenstruel ».

 

Prépuce

Anneau cutané, coulissant sur le gland* et replié sur le clitoris*.

 

Préservatif

Synonyme de condom*. Dispositif imperméable aux spermatozoïdes* et aux virus, déroulé sur la verge en érection, à vocation anticonceptionnelle et/ou antiinfectieuse. L’usage est ancien, mais les progrès du traitement industriel du latex peuvent répondre aujourd’hui à des normes garantissant sa finesse et sa résistance. Tailles, aromatisation, couleurs, incrustations… « gadgétisent » les préservatifs, parfois au détriment d’informations indispensables à leur usage correct (vérification de la date de péremption, sur-lubrification, inspection à chaque changement de position, échange à chaque nouvelle pénétration…).

Préservatif féminin

Capuche munie d’une collerette et de deux anneaux rigides, l’un, est à coincer sous le col de l’utérus, l’autre, maintient la collerette à l’extérieur de l’orifice vaginal. La matière première répond aux normes de qualités requises, mais il s’agit d’un plastique, écartant les risques d’allergie au latex. L’usage requiert un minimum de confort, et d’habitude, qui s’acquiert au bout d’une dizaine d’essais « à blanc ».

 

Priapisme

Erection irréductible, douloureuse, dangereuse pour l’avenir de l’organe, dont les facteurs déclenchants échappent à tout désir sexuel… et à une compréhension clinique satisfaisante. A l’inventaire de ces érections anormalement prolongées et énigmatiques, s’ajoutent désormais les érections iatrogènes* qui soldent les traitements des insuffisances érectiles par « injections intra-caverneuses* ».

 

Procréation

L’ensemble des mécanismes comportementaux et biologiques qui aboutissent à la conception d’un nouveau-né.

 

Prohibition

Interdit légal, qui trouve sa source et ses moyens de coercition dans la loi et non dans la morale. Par conséquent, l’inventaire des actes défendus, voire de leurs simples tentatives, est à la fois provisoire et arbitraire, disons, politiquement inspiré ; en revanche, les interdictions d’ordre religieux, relèvent du tabou* et interpellent toute conscience humaine.

Pénalité

C’est autour de cette ambivalence, entre éthique et morale, que se développe la défense des pervers* et de leurs avocats : l’imputation délictueuse dépendant d’un effet de mode.

 

Prolapsus

Affection gynécologique, touchant plus particulièrement la femme âgée, caractérisée par l’issue des organes pelviens à l’orifice vulvaire. L’extériorisation même partielle de la paroi de la vessie, ou du col utérin*, a de nombreuses conséquences néfastes, dont celle d’empêcher toute pénétration dans un vagin squatté par des organes qui le comblent.

 

Prostate

Organe typiquement masculin en forme de petite châtaigne, encerclant le canal de l’urètre juste à sa sortie de la vessie. Ses fonctions sécrétoires la font participer très activement à l’élaboration du sperme, quant à sa sensibilité érogène, elle est utilement explorée par les massages des pratiques anales de tous ordres, aussi bien chez l’homme que chez la femme.

Cancérologie

Le parallèle qui peut être établi entre les cancers de la prostate et de l’utérus – comme blessure narcissique* obligeant le sujet à redevenir une personne – reste assez fictif, car si les hommes y voient leur érection sacrifiée, les femmes ne deviennent pas obligatoirement « frigides »*.

 

Prostitution

Supermarché de la sexualité, exercé par une société anonyme et caractérisé par le paiement à l’acte. Du beau monde au tiers-monde, l’argent fait office de mise « pour voir »,  mais le client est berné, c’est la règle du jeu, le « rapport » est fictif, l’essentiel du suspense étant concentré dans la scène du racolage.

Proxénète

Littéralement, l’entremetteur, le courtier (Xéno désignant l’étranger en latin), l’agent matrimonial ; le glissement péjoratif de l’étiquette date de la fin du XVIII° siècle, pour qualifier ensuite, plus récemment, un délit punissable.

 

Psychanalyse

Méthode de traitement psychologique, fondée sur le déchiffrage et l’interprétation des signes de souffrance inconsciente que livre le langage.

Psychosomatique

Méthode d’investigation médicale qui tend à dénouer les liens énigmatiques, mais habituellement observés, entre des symptômes avérés d’organicité* et une souffrance « morale ».

Le corps est dit alors « véhicule » d’un langage non verbal, faisant appel à témoin d’une

peine indicible autrement.

 

Puberté

Etape de croissance corporelle, et de mise en place des différentes structures biologiques et psychologiques nécessaires à la procréation*. L’orchestration d’un si grand nombre de paramètres, débouchant sur l’adolescence, est soumise à des injonctions hormonales évidentes, mais dépend aussi de conditions ethniques et écologiques.

 

Pubis

Partie proéminente de l’os du bassin, surplombant en avant la verge ou le clitoris, recouverte dans les deux sexes d’une pilosité caractéristique, et chez la femme, d’un petit coussinet graisseux, le « Mont de Vénus ».

 

Pudeur

Sentiment de honte secrète et de gène humiliante, à voir et faire voir, entendre et faire entendre, sentir et faire sentir, goûter et faire goûter, toucher et faire toucher, du corps sexué.

Autrement dit, c’est du respect de cette tolérance réciproque que naît l’attachement qui fonde un couple dans la durée.

Pureté

Qualité qui fait lien entre la pudeur et la dimension spirituelle attachée à l’érotisme.

Exhortation menaçante chez les catholiques, incitation instructive chez les juifs et les musulmans.

 

Pute

« Prostitué(e) » en argot, du latin « putidus » : qui sent mauvais, puant, infect, corrompu… Dès le XII°siècle le terme est à la source d’innombrables déclinaisons, de putain à patine, de putage à putaniser, toutes destinées à avilir et exclure la prostituée du champ social qui la méprise.

 

Pyjama

Ensemble veste et pantalon unisexe, porté pour dormir. Si la version féminine sait faire usage d’originalité de la coupe,  des matières, des imprimés, des couleurs – à l’instar de la « chemise de nuit » qui l’a précédé depuis le XV°siècle – le portrait de l’homme en pyjama est un classique de la caricature peu ragoûtante de la conjugalité assagie.