Lettre A

Dico de l’amour et des pratiques sexuelles par Jacques Waynberg

 

Abandon

Rupture douloureuse, sentiment d’échec, désespérant. C’est aussi dans le vocabulaire des praticiens du corps, la capacité de « lâcher prise » en toute confiance, qui conditionne l’immersion dans la relaxation, la détente méditative.

 

Abstinence

Renoncement volontaire aux plaisirs charnels, en conformité avec des convictions le plus souvent induites par des traditions éducatives et religieuses. Cette continence peut être affichée avec orgueil, alors qu’elle est en fait douloureusement subie pour cause de solitude, de laideur, ou de mentalité acariâtre et revêche.

 

Anorexie

La restriction alimentaire volontaire chez l’adolescente ou la jeune femme, est une lutte contre la faim pour des motifs esthétiques souvent illégitimes. L’amaigrissement altère gravement leur santé, et leur image du corps, refusant tout éveil sensuel dans une attitude d’abstinence déprimante.

 

Abus

Conduite illicite fondée sur la tromperie, la duperie, le mensonge. En ce qui concerne les comportements sexuels délictueux,  l’abus sexuel  n’est pas un terme de droit, mais une expression d’usage courant pour désigner une « atteinte sexuelle » commise sans violence, contrainte, menace ni surprise, sur un mineur ou une personne invalide.

 L’attentat à la pudeur

Regroupait autrefois les faits répréhensibles que le nouveau code pénal de 1994 qualifie désormais « d’atteinte sexuelle ».

 

Académique (nu)

Style de représentation graphique ou sculptural de la nudité, propre en 1900 à l’Académie des Beaux-Arts, soucieux d’esthétisme frigide et compassé. Sous un régime de censure, sert d’alibi à la diffusion d’images humblement licencieuses.

 

Accoucher

Depuis le XVII° siècle seulement : se coucher pour mettre un enfant au monde. Aujourd’hui, l’obstétrique – médecine de la maternité –  reconnaît les bénéfices anatomo-physiologiques des positions assises, mais surtout accroupies, décuplant l’efficacité des contractions, de l’hémodynamique* et de la ventilation maternelles.

 

Accouplement

Qualifie en astrologie la « conjonction d’astres », du moins jusqu’au XIII°siècle pour nommer ensuite… la copulation* conjugale, voire parfois le mariage.  L’usage est affublé aujourd’hui d’une connotation plutôt triviale.

 

Accroissement du pénis

Mutilation sexuelle moderne, sous couvert de l’autorité médicale, qui consiste à sectionner le ligament qui suspend la verge au pubis dans l’espoir illusoire « d’agrandir » le sexe. Echo pathétique d’une obsession collective, cette chirurgie n’est licite que pour tenter de corriger d’authentiques malformations génitales. Sinon, le gain de taille est insignifiant. La mobilité anormale de la verge en érection est une séquelle post-chirurgicale redoutable.

Quelles normes ?

Véritablement hantés par leurs mensurations génitales les hommes sont de surcroît privés de statistiques qui les conforteraient dans leur obsession dérisoire : une verge en érection qui confesserait le score d’une douzaine de centimètres n’aurait pas à rougir de sa décence.

 

Acte

Expression adoptée par les adolescents : «  faire l’acte », c’est franchir le seuil du flirt « poussé » et faire l’amour avec pénétration. Le vocabulaire juridique désigne dans le « passage à l’acte » un comportement délictueux, irréfléchi, le plus souvent d’ordre sexuel.

 

Acting out

Désigne en psychanalyse des actes impulsifs, inhabituels, souvent d’ordre sexuel, qu’un sujet « défoule » au cours de sa cure. On peut aussi utiliser le terme plus général « d’abréaction » pour désigner ces mécanismes d’extériorisation brutale d’émotions refoulées.

 

Addiction

Terme issu de l’anglais, qui assimile « l’obsédé » sexuel au toxicomane. L’influence des courants de pensée qui prônent encore le respect d’un ordre moral aux Etats-Unis, recrute de nouveaux concepts dans le corps médical afin de « psychiatriser » l’excès de zèle érotique. Cet amalgame ne permet cependant plus de distinguer, l’amateur « boulimique » mais hors de danger pour lui-même et pour autrui, du pervers fanatique.

 

Adducteurs (muscles)

Groupe de trois muscles, tendus entre le pubis* et le bas du fémur, permettant l’écartement et la rotation en dehors de la cuisse, c’est à dire en fin de compte l’ouverture de l’entrejambe. Chez la femme, la contraction involontaire et  invincible de ces muscles est un des signes majeurs du vaginisme*.

 

Adolescence

Phase d’intérim entre la puberté* et l’âge adulte. Sexuellement, les questions touchant au corps et à l’éveil de ses besoins ne trouveront pas immédiatement les réponses escomptées. La précipitation de l’éjaculation,  l’anesthésie vaginale… laissent garçons et filles sur leur faim, démunis des secours d’une fonction érotique* encore en gestation. C’est ce décalage, entre l’immaturité fantasmatique et la vie à l’état brut des organes, qui définit la sexualité de l’adolescence.

Premiers coïts

L’âge des premiers rapports n’est pas un paramètre fiable pour évaluer le degré d’épanouissement sexuel des ados, car pour la plupart ce sont des circonstances tout à fait aléatoires qui en ont décidé. Plus difficile à explorer, c’est leur propre évaluation des difficultés d’en jouir qui indique leur niveau de maturité.

 

Adultère

Transgression du devoir de fidélité conjugale né des prescriptions civiles et religieuses du mariage. Les concubins* et les « couples non cohabitants » n’emploient pas ce terme, mais le vécu d’une trahison est tout aussi nocif pour la survie du lien amoureux.

 

Affection

Sentiment d’attachement, à la fois profond et tendre. Un « ressenti » qui s’interpose entre l’amitié et l’amour parce qu’il n’en a pas le caractère aussi entier. C’est le sentiment résiduel d’un couple qui s’est beaucoup aimé, et qui choisit de ne pas se quitter.

 

Apathie

En réaction à une surcharge intolérable de difficultés, ou par renoncement à lutter contre ses propres frustrations, l’apathie met en sourdine toute vie affective, et se manifeste  par une indifférence et une inertie inquiétantes, motifs parfois de séparation.

 

After-hours

Pour les noctambules totalement insomniaques ou encore bredouilles, il s’agit de poursuivre la « soirée » après les heures de fermeture des boites normales, et de rejoindre des établissements qui vont ouvrir eux après quatre ou cinq heures du matin.

 

Agressivité

Caractérise de prime abord l’hostilité et les actes nuisibles ou humiliant qui l’expriment. Sexuellement, cette offensive nuisible prend des formes plus complexes : retournée contre soi-même (autopunition), ou traduite en sarcasmes humiliant, elle vise toujours à désorganiser la relation.

 

Abréaction

Très forte réaction émotionnelle pouvant libérer une décharge d’agressivité sur le coup d’une révélation pénible, du rappel d’un souvenir traumatique.

 

Aisselle

Zone sous le bras qui fait un angle fermé avec le corps ; ce n’est pas seulement sa sensibilité, sa fine pilosité ou sa moiteur odoriférante qui peuvent en faire une zone érogène, mais en effet l’ouverture de cet angle dans un mouvement d’élévation des bras en signe d’abandon lascif.

 

Alcoolisme

Toxicomanie mortelle mais politiquement correcte car pourvoyeuse d’impôts et de maintien de l’emploi. Sexuellement, l’ébriété consciencieusement limitée aux normes sociales permet encore aux timides et aux minables de faire illusion, mais au stade de l’ivresse quotidienne l’impuissance achève de piller les ruines du couple, définitivement.

Les femmes boivent chez elles

De plus en plus associé au tabagisme, l’alcoolisme domestique féminin équivaut à une toxicomanie majeure : l’alcool est bu en début d’après-midi, en quantité, pour obtenir un seuil brutal d’inconscience. L’ébriété ne doit pas durer plus de trois heures, pour être indécelable à l’heure du repas familial…

 

Allaitement

Les contorsions auxquelles se livrent les industriels pour moderniser l’alimentation des bébés ne devraient pas convaincre les femmes authentiquement maternelles de ne plus allaiter : cette fusion charnelle est un des piliers de l’identité sexuelle de l’enfant.

Le biberon et le regard

L’invention du verre moulé et de la tétine en caoutchouc, au XIX°siècle, inaugure un mode « artificiel » d’allaitement. Les déficits d’ordre tactiles et olfactifs doit être compensé par d’intenses échanges visuels.

 

Amant

Individu tenu, plus ou moins clandestinement, de servir de postiche à des frustrations conjugales, des projets utopiques, des goûts inavouables… désigne élégamment un homme objet.

Amant de cœur

Appellation pompeuse qui a perdu son sens érotique médiéval, qui masque aujourd’hui une « courtoisie » chaste mais assidue.

 

Amateurs

Dans la production audiovisuelle pornographique aussi bien que dans le sport d’équipe, atteste du caractère non-lucratif de l’exercice ; par rapport aux productions industrielles, les « vidéos amateurs » gagnent en sincérité ce qu’elles perdent en exhibition des laideurs domestiques.

« Comédiens » de porno

La « magie » des tournages fait rêver. Les acteurs, même occasionnels, se targuent d’être des « comédiens », mais leur rémunération doit les assimiler au statut de prostitués et les producteurs à celui de proxénètes*.

 

Amazone

Nom de guerrières légendaires d’Asie Mineure, devenu parodie des lesbiennes à l’allure très masculine. Illustre aussi une position du coït, nommée aussi « position d’Andromaque », chevauchant le légendaire Hector, qui permet à la femme d’exercer son talent de cavalière, en se plaçant à califourchon sur son partenaire.

 

Ambivalence

Expression simultanée de sentiments, d’attitudes, de motivations contraires. C’est surtout en matière de thérapie de couples* que cette opposition, entre le désir de « sauver la relation » et le refus de toute solution par exemple, prend tout son sens « pervers » et incurable.

 

Aménorrhée

Désigne l’absence de règles. Le cycle menstruel est sujet à de très nombreuses vicissitudes chez les femmes « en période d’activité génitale » comme l’exprime le jargon médical, mais la plus naturelle a toute chance d’être l’indice avant-coureur d’une grossesse.

 

Amitié

Mode de relation entre des personnes qui se manifestent un attachement désérotisé.

Amitiés particulières

Amitié amoureuse entre hommes. La connotation sexuelle est volontairement tout aussi floue dans « l’ami » ou « l’amie ».

 

Amour

Elan affectif universel qui permet avec joie de transgresser le dégoût qu’inspireraient sans lui les actes que l’on commet en son nom.

 

Androgènes

Terme générique qui désigne les différentes hormones circulant dans le sang,  sécrétées par les testicules, assurant dès la vie fœtale l’orientation masculine du développement embryonnaire, puis la puberté, et enfin, garantissant la fertilité et la stabilité des motivations érotiques de l’adulte.

Les androgènes chez la femme

Les ovaires et les glandes surrénales sécrètent les mêmes androgènes que chez l’homme, mais en quantité dix fois moindre. 50% des femmes ménopausées vont en disposer encore un peu. Ce sont les « messagers » des besoins d’agir, et non du désir ou de l’hétérosexualité.

 

Androgynie

Malformation ambiguë des organes génitaux du garçon. Avant sa naissance, un léger déficit hormonal a touché les derniers stades de la différentiation sexuelle : petit pénis, position anormale de l’ouverture de l’urètre, et aspect efféminé du scrotum*. La morphologie générale est masculine. Se dit aussi en langage commun d’une femme qui a des allure de « garçonne ».

 

Andrologie

Label récent, pour décrire l’approche pluridisciplinaire qu’exigent aujourd’hui les questions de biologie de la reproduction, et plus spécifiquement de stérilité masculine.

 

Andropause

Crépuscule de la virilité, qu’aucune recherche biologique actuelle n’est en mesure d’attester sur le plan hormonal, mais que l’expérience quotidienne rend coupable des premiers déboires sexuels de la soixantaine.

Traitement

Le traitement substitutif de l’andropause n’existe pas : la prescription d’androgènes peut être même néfaste sexuellement, le cerveau étant « leurré » par un taux circulant dans le sang bien supérieur à la normale, il freine le fonctionnement des testicules.

 

Anéjaculation

C’est l’impossibilité d’accéder simultanément à l’orgasme et à l’éjaculation lors du coït*, parfois même par masturbation. Chez le jeune, en dehors de malformations ou de graves séquelles chirurgicales, l’inhibition* de ces puissants réflexes peut être la conséquence de troubles psychiatriques, de toxicomanies illicites ou médicamenteuses. Après la soixantaine, cette privation de jouissance compte parmi les conséquences inéluctables de l’âge.

Ejaculation rétrograde

Suite inéluctable de la chirurgie prostatique, l’éjaculation est refoulée vers la vessie, mais les perceptions voluptueuses de l’orgasme sont sauvegardées, c’est une jouissance « à sec », invisible. Il n’y a pas de traitement.

 

Angoisse

L’anxiété est une réaction d’autodéfense, prémonitoire, qui va ébranler l’organisation psychique d’un passage à l’acte. Que l’imminence d’un danger soit réelle ou supposée, le sentiment de ne pas être capable d’y faire face est un sabotage intellectuel… Le terme d’angoisse est défini par la trace qui en est livrée à autrui, le versant corporel de l’anxiété :  palpitations, sueurs froides, crispation des mimiques, striction respiratoire, sécheresse de la bouche…

 

Dédramatiser

L’anxiété est avec la dépression le « marqueur » le plus fréquent des problèmes sexuels. Que l’anxiété soit « maladive » ou réactionnelle à un événement donné, elle désorganise la vie sentimentale et érotique en en faisant un « drame ». C’est en « dédramatisant » l’histoire qui lui est contée que le sexologue amorce la première étape de sa prise en charge.

 

Anilinctus

Le léchage de la zone anale entre au répertoire des conduites érogènes qui précèdent habituellement le coït, mais il est peu commun car il implique une réciprocité des affinités et de la confiance. Chez les homosexuels, où l’action portait autrefois le sobriquet de « feuille de rose », la crainte des contaminations virales en limite l’usage.

Anal

Indique dans la presse échangiste* l’attrait de l’annonceur pour la sodomie, les pénétrations instrumentales ou le fist*.

 

Anorgasmie

Qualifie les difficultés récentes ou anciennes, totales ou sélectives, qu’éprouve une femme à atteindre l’orgasme. Chez l’homme, sauf exception, la privation d’orgasme est liée à l’absence d’éjaculation. Certes, les « déchets ultimes » d’une enfance en souffrance peuvent inhiber la bonne  marche de ces réflexes, mais il ne faut pas sous-estimer l’effet nocif des pathologies organiques et parfois des médicaments.

 

Antidépresseurs

Médicaments considérés comme des énergiseurs psychiques,  issus de plusieurs familles chimiques, ouvrant depuis 1957 une nouvelle ère dans le traitement de la dépression non psychiatrique, capables notamment d’augmenter la vitalité, de recréer une impression de bien-être, d’apaiser l’anxiété, de restaurer la volonté d’agir.

Accoutumance

L’usage hâtif et continu de ces médicaments « cache-misère » va à l’encontre de leur vocation, en remplaçant un épisode dépressif transitoire par une « pharmacodépendance », c’est a dire une forme médicalement assistée de toxicomanie.

 

Anus

L’embouchure du tube digestif forme un anneau extrêmement riche en vaisseaux, nerfs et muscles, afin  d’assurer des fonctions sphinctériennes sans défaut. Bien que ne disposant ni de réflexes de lubrification, ni d’une capacité naturelle à se dilater, le canal anal représente aussi bien chez les femmes que chez les hommes une zone érogène potentielle. Si son exquise sensibilité et la tonicité de ses contractions motivent son recrutement pour des emplois ludiques, l’anus accuse une fragilité aux pénétrations de corps étrangers qui impose une discipline et un consentement mutuel.

Proctologie féminine

L’étude et les traitements des affections anales chez la femme sont tributaires de l’influence probable des cycles hormonaux, mais surtout des grossesses et des accouchements qui peuvent être responsables de séquelles durables, contre-indiquant la sodomie*.

 

Aphrodisiaque

Se dit de tout moyen, matériel ou imaginaire,  capable de stimuler et plus encore, de doper, les capacités à la fois physiques et intellectuelles de candidats aux records érotiques. Regorgeant d’une histoire qui prend racine dans les premières humiliations déjà subies par l’homme des cavernes, les aphrodisiaques peinent à quitter le domaine du savoir folklorique pour aboutir à une approche plus scientifique de la physiologie sexuelle.

Les plantes des Dieux

Métaphore botanique qui rappelle que les plantes sont depuis toujours les compagnes à la fois maudites et convoitées des hommes en quête d’hallucinations et de dopage de leur potentiel érotique. L’imbrication entre leurs effets narcotiques et aphrodisiaques les exclut de la pharmacopée occidentale.

 

Appétit

Si les pulsions de l’instinct suffisent à la majorité pour assurer un Smic sexuel, l’appétence qui incite à en explorer des espaces plus raffinés, ou qui en maintient tout simplement le goût, est une affaire de tempérament. Les désaccords persistants dans un couple au sujet de l’appétit sexuel creuse entre des partenaires dissemblable à cet égard un fossé qu’aucune thérapie ne va combler.

 

Autocritique

Lors de divergences graves à propos des « besoins de rapports », c’est celui ou celle qui se refuse qui finit par s’estimer « anormal » : jugement qui va précipiter la rupture dès lors que son caractère injuste est enfin compris.

 

Aréole

Surface pigmentée qui fait un cercle autour du mamelon du sein. Le diamètre est en moyenne de quatre à cinq centimètres, et sa surface est parsemée de petites éminences formées par des glandes « sébacées » – de « sébum » : matière grasse – qui sont chez l’homme traversées par un poil. L’aréole recouvre un fin réseau musculaire qui participe à « l’érection » du mamelon féminin.

 

Ascèse

Renonciation au plaisir, beaucoup plus « théâtralisée » que dans la continence*, qui s’inscrit ici dans un vrai travail de sublimation mystique. Mais la religiosité a bon dos chez nombre de « pervers haineux » vis à vis d’eux-mêmes, qui se punissent de n’être pas en mesure d’expurger leur sadisme inconscient.

 

Asthénie

Si la fatigue est une fonction naturelle de l’organisme, qu’elle défend contre le surmenage, l’asthénie trahit un dépassement de ces limites et s’accompagne de nombreux signes de souffrance aussi bien physique que morale. Sexuellement, cet état d’épuisement déprime le plaisir et décourage tout désir de dialogue.

 

Atavisme

Inscrit l’existence dans une continuité (le « lignage »  des ethnologues) et des ressemblances qui fondent la parenté. L’hérédité des comportements et des mentalités n’est pas douteuse, c’est la quote-part du facteur culturel qui n’est pas bien identifiée. A tort ou à raison, au sujet de la sexualité, les préjugés populaires caricaturent ses empreintes innées (couleur de peau,  physionomie du visage,  morphologie générale et naturellement génitale) pour en dégager un motif de séduction ou un prétexte de répulsion raciste.

Canons de beauté

L’hérédité des caractères physiques induit dans l’appréciation de la beauté des corps des critères propres à chaque culture. La mondialisation des canons esthétiques occidentaux fait office de standard, mais c’est une manière de coloniser l’imaginaire des peuples sans écriture.

 

A tergo

Manière de dire « par derrière » dans le jargon médical, friand de latin lorsqu’il faut bien conjurer l’indécence du terme sodomie*.

 

Atrophie

Malformation, innée ou acquise, qui se caractérise par la diminution de volume d’un organe, et en l’occurrence ici s’applique couramment à la morphologie des seins ou des testicules.

 

Attachement

Lien profondément fixé dans la mémoire olfactive du bébé, et par mimétisme, dans la tolérance olfactive du couple heureux. Autrement dit, l’empreinte bénéfique qui institue l’indissolubilité du lien maternel, se reproduit partiellement chez les adultes fécondés par un sentiment amoureux durable. Cette « attache » rend tolérable une promiscuité sensorielle, dont l’olfaction est en effet le principal enjeu.

Sentir

La haine dans le couple est démasquée dès lors qu’une répugnance olfactive s’installe, rendant la cohabitation progressivement intolérable, au motif que « l’on ne peut plus se sentir ».

 

Attirance

Forte impulsion du désir, sous l’emprise d’une séduction réciproquement consentie, ou au contraire sous la pression de besoins grossiers. Autrement dit, en société, l’esprit de conquête est sous haute surveillance, et gare au « sex-appeal* » qui l’envoie en première ligne sans savoir-vivre.

 

Attouchements

Approche tactile du corps. L’usage actuel désigne les manipulations génitales commises par l’adulte sur un mineur dans le cadre des « atteintes sexuelles » punissables.

 

Auto-érotisme

Dépeint à l’origine une des phases initiales de la sexualité de l’enfant, par laquelle il s’instruit lui-même de la qualité érotique de son propre corps. L’expression évolue pour désigner désormais la masturbation.

 

Automutilation

Un sentiment de culpabilité extrême, une auto-accusation délirante, peut conduire à un geste de châtiment corporel impliquant les organes génitaux, mais la composante érogène y est absente, contrairement à la pratique masochiste de certains transsexuels* psychopathes.

 

Aversion

Puissante réaction de répulsion, ou de honte, qui a été préconisée comme moyen de prévention des récidives d’actes sexuels répréhensibles. Chaque évocation du geste incriminé déclenche une sensation pénible, ou le stress d’une autocritique publique, ce qui doit en principe créer à la longue de nouveaux réflexes conditionnés à une autre vision du désir.

 

Aveu

Moment fatidique du jeu de la vérité : aussi illusoire pour déclarer sa flamme, que pour se faire pardonner.

Mentir

Cacher, simuler, dissimuler, feindre, taire, des vérités qui, sexuellement,

ne sont jamais bonnes à dire.

 

Avortement

Arrêt spontanée ou médicalement assisté d’une grossesse. S’ajoutant aux questions éthiques, religieuses et psychologiques, l’interruption de la gestation pose des problèmes de santé publique qui font l’unanimité, mais qui n’ont pas permis à tous les gouvernements d’adopter des législations adéquates.

I.V.G.

Sigle légendaire, offrant en France depuis les lois de 1975 et 1979 une issue réglementée à l’interruption volontaire d’une grossesse avant la 12° semaine d’aménorrhée*.

 

Azoospermie

Absence de tout spermatozoïde dans l’éjaculation. Emblème majeur de la stérilité masculine. La norme fluctue entre 25 et 200 millions par ml. Si la numération reste basse, on parle « d’ligospermie ».

Spermogramme

L’examen biologique du sperme permet d’évaluer son potentiel fécondant, en « comptant » les spermatozoïdes, mais en observant aussi leur vitalité, leur morphologie.

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