Vous avez dit sexologue ?

– Média –

Qui sont ces spécialistes du sexe ? Quels problèmes règlent-ils ?

Chaque année, 500 000 personnes consulteraient un sexologue selon l’Institut français de sexologie.

Jacques Waynberg* grand sexologue français et grand mentor d’XYstories répond à nos questions…

 

XYstories – C’est quoi un sexologue ?

 

Globalement le sexologue est l’interlocuteur de la souffrance amoureuse et sexuelle.

Le mot en français (sexologue) et même dans la plupart des langues est insuffisant car il ne fait pas la distinction entre une sexologie qui est de l’ordre de la conversation, du conseil, de l’accompagnement -on pourrait même oser dire fraternel- et une sexologie qui se rapproche de la médecine c’est-à-dire qui prescrit des médicaments aphrodisiaques officiels, surtout depuis une quinzaine d’années.

Il faut bien distinguer le sexologue de ce que j’appelle le sexiatre. Le sexologue est celui qui ne prescrit pas par rapport au sexiatre qui est médecin. Ce sont 2 professions qui vont prendre en charge les problèmes de couple, les difficultés personnelles, la dépression et les personnes qui s’interrogent sur leur orientation sexuelle voire même sur leur genre.

Je le redis, pour moi le sexologue prescripteur c’est un sexiatre. On va retrouver la même dualité entre psychiatre et psychologue. Il s’agit de la même cible, de la même souffrance mais avec deux outils complètement différents. Or aujourd’hui les médecins s’intitulent aussi sexologues, c’est donc la pagaille. Ils ne savent plus trop comment se dénommer.

Pour résumé, le sexologue va être un non-médecin, non-prescripteur qui va utiliser des méthodes qu’on dit comportementales (la relaxation, l’hypnose, le conseil verbal, l’échange avec un couple ou une personne seule). Le sexiatre va quant à lui beaucoup moins utiliser la conversation, le conseil et l’accompagnement au profit de la prescription pharmaceutique.

 

XYstories – Qui sont les personnes qui consultent ?

 

Ce sont surtout des personnes qui sont en panne ou en questionnement sur la mauvaise qualité -le pensent-ils ou en sont-ils certains- de leurs échanges amoureux et de leur vécu sexuel.

 

XYstories – Et les problèmes de couple ?

 

Il faut bien reconnaitre que la tradition veut qu’il y ait toujours un acteur principal et une « victime » dans un couple. C’est-à-dire qu’il y a toujours l’un des deux qui est considéré comme étant le responsable du conflit. En réalité c’est faux. Il n’y a pas de problème de cet ordre-là qui ne soit lié à une histoire de couple. C’est la relation du couple qui est mauvaise, mauvaise compréhension, mauvais choix de partenaire surtout, mauvais « casting » qui rend plus difficile la gestion des problèmes quotidiens, familiaux, professionnels…

 

XYstories – Vous arrive-t-il de dire à vos patients qu’ils ne sont pas faits pour être ensemble ?

 

Absolument. Dans certaines situations, il vaut mieux se séparer. Ce n’est pas la peine de mentir. Dans sa méthode, le sexologue peut aussi avoir un droit à la vérité. Il ne peut pas sans arrêt mentir et promettre monts et merveilles à tous les couples qui se sont souvent constitués par hasard et qui, par malchance, s’entêtent dans leur erreur. Il y a manifestement une expertise, un bilan qu’il ne faut pas cacher quand on a suffisamment d’éléments avec l’expérience acquise pour démontrer que le couple n’est pas viable.

 

XYstories – Quel type de problèmes vous confie-t-on ?

 

Les soucis qui nous sont confiés au masculin sont le plus souvent sont des déficiences « mécaniques » (« impuissance », problèmes de pénétration et d’orgasme). Pour les femmes les principaux motifs de consultation sont liés au plaisir et surtout aux difficultés d’accéder à l’orgasme. Mais en réalité ce n’est pas le vrai problème : c’est ce que j’appelle « le passeport » pour entrer en contact avec nous… faute de disposer du vocabulaire convenable pour évoquer leur vraie souffrance. Il faut admettre que les problèmes qui nous sont confiés dépassent toujours les thèmes sexuels et relèvent d’une totalité du vécu de la personne, du couple, de la famille.

 

XYstories – Par exemple ?

 

Comment sous-estimer l’impact négatif d’une insécurité au travail, d’une suite péjorative d’intervention chirurgicale, d’un deuil ? Sans compter avec les problèmes de collatéraux d’ordre psychologiques. Finalement la sexualité apparait bien comme étant le maillon faible du vécu c’est-à-dire de la personnalité. La vie amoureuse n’est pas un long fleuve tranquille. Il faut se souvenir que la qualité des émotions partagées est soumise à un véritable apprentissage, une maturité qui ne dépend pas seulement de la bonne santé des organes…

 

Si tu as des d’autres questions, n’hésite pas à nous envoyer un email, on commence à connaître pas mal de sexologues 🙂

 

Pour joindre le docteur :

01 42 71 10 30

contact@sexologies.fr

57, rue Charlot 75003 Paris

 

 

*Jacques Waynberg, né en 1941, docteur en Médecine, licencié ès Sciences, licencié en lettres, criminologue, médecin légiste et ancien expert médico-judiciaire, diplômé de la Fondation Masters et Johnson et de l’Institut Kinsey aux Etats-Unis, est l’un des fondateurs de la sexologie française contemporaine. Praticien et écrivain de renom, il est l’instigateur des premières consultations publiques de sexologie médicale dès 1971 et l’un des précurseurs de son enseignement en France et en Europe. L’ensemble de ses travaux de recherches cliniques et anthropologiques, historiques et ethno pharmacologiques, édifie une approche humaniste de la fonction érotique. Consultant auprès de l’Organisation Mondiale de la santé il a participé aux programmes de lutte contre le SIDA et d’Education à la santé sexuelle en Europe de l’Est et en Afrique francophone. Réalisateur de documentaires, auteur de publications et d’ouvrages faisant référence, il est Président de l’Institut de Sexologie et a dirigé jusqu’en 2007 le Diplôme universitaire Sexologie et santé publique à la Faculté de Médecine de l’Université Paris 7.

12